Témoignage : j’ai fini par trouver le bon…

J’ai 30 ans. Pendant des années, je me suis attachée à des mecs qui n’étaient pas faits pour moi. Pourtant, j’en ai rencontré beaucoup, et d’horizons différents. Du parisien doté d’une mèche rebelle au poète maudit en passant par l’homme de dix-sept ans mon aîné, le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai ratissé large. Mais ces relations se sont toujours soldées par des échecs. Je restais bloquée dans des histoires qui ne me convenaient pas et me rendaient malheureuse. Ces hommes (enfin si on peut appeler ça des hommes…) ne m’apportaient strictement rien, si ce n’est de la souffrance. Je passais mes journées à me poser des questions « mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter d’être traitée comme ça ? », « pourquoi je ne tombe que sur des gars paumés, mariés, loseurs, drogués, bref des mecs mal dans leur peau ? » Et des soirées à pleurer et à me lamenter sur mon sort. Mes copines commençaient à en avoir marre de ce schéma qui n’arrêtait pas de se répéter. Elles me disaient « tu dois te complaire dans ta merde, ce n’est pas possible autrement ! » « Tu n’as aucun amour propre, réveille-toi ! »

Pourtant, si. Au fond de moi, je savais parfaitement le genre de relation que je désirais. J’avais une vision très précise de l’amour et du bonheur. Mais paradoxalement, j’allais vers des hommes qui ne pouvaient pas me l’offrir. Persuadée que le problème venait de moi, je m’auto flagellais « si tu étais moins chiante aussi, tu n’as qu’à arrêter de les harceler de SMS ». Jusqu’au jour où je me suis dit « zut, je suis jolie, pas conne, rigolote, alors pourquoi je ne tombe que sur des connards ? » En quête de réponses, j’ai fouillé dans mon passé. J’ai été élevée dans une famille géniale, aimante, genre 7 à la maison. Donc ce n’était pas un problème d’affection qui aurait pu expliquer ça. Pour valider ce que je savais déjà, j’ai pris un papier et un stylo, puis j’ai fait une description de tous les mecs avec lesquels j’étais sortie. Là, j’ai pu constater que c’étaient vraiment tous les mêmes. Le hic, c’est que c’était plus fort que moi, j’avais beau tenter de me raisonner, je ne parvenais pas à sortir de cette spirale infernale. Les mecs bien, je ne les regardais même pas. Ils étaient trop gentils, je les écrasais et les méprisais. Les seuls que je respectais, c’étaient ceux qui me traitaient comme une moins que rien. Le pire, c’est que j’en redemandais. Dit comme ça, ça fait un peu sado maso. Mon seul problème, c’était justement d’avoir été surprotégée et d’avoir reçu énormément d’amour. Ma vie était sans embûches. Je n’avais aucun problème, alors je m’en inventais en m’intéressant à des mecs qui n’avaient rien à m’apporter. Forte de cette prise de conscience, j’ai décidé de faire une pause et de travailler sur moi-même. Je me suis concentrée sur ce qu’il y avait de bien dans ma vie : une chouette famille, le job de mes rêves, des amis en or, la chance de pouvoir partir en vacances, de faire du sport, de manger correctement.

Jusqu’au jour où, sans grande conviction, j’ai installé Tinder. Pendant six mois, j’ai fait plein de rencontres, toutes plus décevantes les unes que les autres. N’y croyant plus, je trainais dessus pour me distraire. Cette appli était devenue un jeu et je m’amusais à me moquer (gentiment) des mecs qui venaient me parler. Jusqu’à ce je like un un beau gosse et que je l’aborde en lui disant : « c’est pour le style que tu n’as pas énormément de cheveux ou tu les perds ? » C’était ma façon à moi de le tester pour voir s’il avait de l’humour. Et il en avait beaucoup. Parce que clairement, il aurait dû m’envoyer bouler ! On a parlé pendant un mois. Il était en vacances de son côté, et moi aussi. Ne jurant que par les cheveux, j’étais persuadée qu’il ne me plairait pas mais que nous pourrions devenir de très bons amis, vu comment on s’entendait. Pensée extrêmement superficielle et sotte je vous l’accorde. Puis on s’est vus et j’ai tout de suite ressenti un truc extrêmement intense pour lui. Une très forte attirance, des papillons dans le ventre. Et il émanait de lui une assurance et une virilité qui m’ont de suite mise en confiance. Le hic, c’est qu’il sortait d’une relation de dix ans, je m’étais dit « te fous pas dans une histoire qui pue le caca à plein nez, tu vas ENCORE te faire avoir ! » Surtout qu’en deux mois de célibat, il s’en était tapé des filles. J’avais peur de n’être qu’une conquête de plus à son tableau de chasse. Qu’il s’amuse avec moi puis se barre en me disant « désolé, en fait je ne suis pas prêt pour une relation, je pense toujours à mon ex… » Vous savez, l’excuse qu’ils sortent tous quand ils n’ont juste pas envie d’avoir une vraie relation avec vous.

Finalement, on a commencé à se voir deux fois par semaine, il m’appelait et m’écrivait tous les jours. J’aimais la complicité qui était en train de naître entre nous. On se voyait de plus en plus souvent. Premier baiser. Première fois. Premier Noël. Premier « je t’aime ». Présentations à nos familles respectives. Premières vacances ensemble. On est tellement bien que le temps passe vite. On est amoureux, on a plein de projets et après trois ans de relation, il vient de me demander en mariage. En fin de compte, j’ai envie de dire merci à tous les connards qui ont croisé ma route parce qu’ils m’ont permis de savoir ce que je voulais, et surtout ce que je ne voulais plus. Et puis, ils m’ont menée à l’homme de mes rêves. Le quotidien avec lui est simple. Je lui fais totalement confiance. Pas d’embrouilles, pas de prises de tête. Il est toujours de bonne humeur, rassurant, attentionné. Alors certes, on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve mais j’ai confiance en nous, confiance en la vie. A toutes celles qui enchaînent les relations désastreuses, gardez espoir car l’amour finira par vous tomber dessus. Si bien qu’un beau jour, vous entendrez la conversation d’une fille qui se plaint de son copain « tu ne m’appelles pas assez », « tu t’en fous moi » et vous esquisserez un petit sourire en vous disant que désormais, vous êtes loin, très loin de tout ça, et que cela ne valait vraiment pas le coup de pleurer pour des garçons qui n’étaient juste pas faits pour vous…

 

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